Séjour linguistique de Roland Keller à Fort Lauderdale (2ième part)

J’ai 55 ans, et alors ? Cela ne m’empêche pas de retourner sur les bancs d’école et me rafraîchir ma mémoire échaudée de léthargie, depuis les nombreuses années que je n’ai plus peaufiné l’anglais. Indéniablement, je suis un gars de terrain qui a accumulé et ressassé, au fil de 30 ans exactement de voyages en Amérique (12 fois !), des flopées de mots pas toujours justement emmagasinés et prononcés. Et c’est difficile de redresser un arbre tordu. Mais là, à l’école, on triture si bien les méninges que cela me remet sur le droit chemin. Croyez-moi.

Les cours sont dispensés par des professeurs (surtout des damoiselles, me semble-t-il) : pas question d’utiliser ni tablettes électroniques, ni mobiles, ni Smartphones, ni dictionnaires. Seulement un crayon de papier ou un stylo, un bloc-notes et le livre de cours. La ligne de leçons est montée de telle sorte qu’il est possible de suivre une semaine un cours, puis la suite plus tard, sans perdre le fil des autres cours. En fait, plusieurs classes démarrent en parallèle à des stades différents dans le temps avec les mêmes supports, ce qui est un peu comme si les mêmes trains avec les mêmes wagons, qui partent de différentes stations. Et c’est mon cas. J’embarque dans le train de la leçon dix au passage dès le 20 juin pour une semaine.
Des Suisses, des Belges, des Français, des Brésiliens, des Turcs et même des Égyptiens se mélangent ainsi dans cette école dans le plus grand respect mutuel. Certains élèves viennent parfaire leur anglais en vue d’études universitaires, d’autres sont envoyés par leur employeur s’accoutumer à la langue (comme Paulo sur le tableau, photo), d’autres journalistes, comme moi, pour acquérir plus d’aisance dans la langue, bref, contrairement aux idées reçues l’école est ouverte à toutes et à tous, à condition d’avoir des dollars. Les prix dépendent de la durée et du niveau des cours.

La classe de Renata

Renata, notre enseignante, est une sérieuse citoyenne de Miami qui a commencé les cours à EmbassyCES l'automne dernier. Les leçons sont rondement menées et savamment structurées, si bien qu’on prend du plaisir à respecter cette méthodologie très pédagogique axée sur une relation active élève-enseignant. Avec un panachage de petits tempos de grammaire, d’audition, d’exercice en groupe, ces cours empêchent de s’endormir. Avec, en plus, cette sorte de punch américain très communicatif et positif que l’on ressent dans l’expression des gens qui nous entourent à l’école,  l’instar du directeur, Camilo Fontecilla.  Ce dernier, dans son discours de bienvenue, ne nous a pas vanté son établissement, mais aussi propulsés d’envie d’apprendre. Une sacrée qualité de conduite et de management.
En fin de compte, dans note classe, je ne suis pas le plus ancien. Mon collègue-élève, qui a 61 ans, et un autre, la quarantaine, ne se sont pas sentis mal à l’aise d’être entourés de si jeunes, certains on 18 ans. Et ceux-ci ne m’ont pas fait sentir la différence. Sauf cette petite fierté qu’on a de croire qu’à mon âge, on en sait davantage qu’eux (les jeunes) et que, ma foi, on retombe bien vite sur ses deux jambes. C’est à ce moment-là que je m’aperçois que je suis moins réactif qu’eux. Vous avez dit âge avancé ?

 

Par Roland Keller, journaliste RP
www.rkeusa.blogspot.com

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